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Église de pierre ancienne dans les montagnes andorranes, à l'automne

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Andorre : comment fonctionne le gouvernement d'une coprincipauté

Deux chefs d'État à égalité, un parlement de 28 conseillers, un chef de gouvernement. Et une anomalie que personne ne prend le temps d'expliquer.

  • 2 chefs d'État à égalité
  • 28 conseillers au parlement
  • 1278 l'origine du partage

Un électeur français qui vote à la présidentielle désigne, sans le savoir, le chef d'État d'un pays étranger. Le président de la République est en effet coprince d'Andorre, à égalité avec l'évêque d'Urgell. Ce n'est ni une curiosité folklorique ni un titre honorifique vidé de sens : c'est le régime constitutionnel d'un État souverain, et il fonctionne.

Titulaires des fonctions vérifiés le 19 août 2026.

Qui dirige l'Andorre ?

Trois fonctions se partagent le pouvoir. Deux coprinces sont chefs d'État à égalité de droits, sans gouverner. Le Cap de Govern, chef du gouvernement, conduit la politique du pays. Le Consell General, parlement de vingt-huit conseillers élus, vote les lois et désigne le chef du gouvernement.

Organisation des pouvoirs en AndorreLe pouvoir part des électeurs andorrans, qui élisent le Consell General, le parlement de vingt-huit conseillers, en déposant deux bulletins, un pour leur paroisse et un pour la liste nationale. Le Consell General désigne ensuite le Cap de Govern, chef du gouvernement, qui conduit la politique du pays. Les deux coprinces, le président de la République française et l'évêque d'Urgell, se tiennent à côté de cette chaîne : ils sanctionnent les lois votées par le Consell General mais ne gouvernent pas et ne légifèrent pas.Les électeurs andorransDeux bulletins par électeurélisentConsell GeneralLe parlement28 conseillers, 4 ansdésigneCap de GovernChef du gouvernementConduit la politique du paysLes deux coprincesChefs d'ÉtatFonction arbitraleIls sanctionnent les loisvotées, mais ne légifèrentni ne gouvernent.Organisation issue de la Constitution du 28 avril 1993.
Schéma original. Les coprinces figurent à côté de la chaîne du pouvoir et non au-dessus : depuis 1993, ils sanctionnent les lois sans les faire.

Les deux coprinces : un président français et un évêque espagnol

Les coprinces sont aujourd'hui Emmanuel Macron, au titre de président de la République française, et Josep-Lluís Serrano Pentinat, évêque d'Urgell, en fonction depuis le 31 mai 2025. Aucun des deux n'est andorran, aucun des deux n'a été choisi par les Andorrans, et aucun des deux ne réside dans le pays.

Pourquoi le président de la République française est chef d'État d'un pays étranger

Parce que le titre n'a jamais été aboli. En 1278, un accord de partage de souveraineté, le pariatge, règle un conflit entre l'évêque d'Urgell et le comte de Foix en leur donnant des droits égaux sur les vallées d'Andorre. Le titre de comte de Foix passe ensuite par héritage aux rois de France, puis à la République après 1789. Aucun régime français successif n'y a renoncé, et l'Andorre n'a jamais demandé qu'on y renonce.

La clé juridique tient en un mot : à titre personnel. Le président n'exerce pas la fonction au nom de la France, et la France n'exerce aucune souveraineté sur l'Andorre. C'est la personne du chef de l'État français qui est coprince, en vertu du droit andorran, et non l'État français qui détiendrait un territoire. La distinction paraît formelle ; elle est ce qui permet à un État souverain d'avoir pour chef d'État un dirigeant étranger sans être une dépendance.

Le mécanisme a une conséquence rarement relevée. L'un des deux chefs d'État andorrans change au rythme des élections françaises, l'autre au rythme des nominations du Vatican. Dans les deux cas, les Andorrans ne votent pas. Ce qu'ils élisent, c'est leur parlement, et c'est là que se joue le pouvoir réel.

Ce que les coprinces peuvent, et ce qu'ils ne peuvent pas

La comparaison avant et après 1993 dit tout. Avant la Constitution, l'Andorre n'avait pas de texte fondamental et les coprinces conservaient des prérogatives héritées du Moyen Âge, notamment en matière de justice et de représentation extérieure. Après, ils restent chefs d'État mais ne légifèrent plus et ne gouvernent pas.

Ce qu'ils font aujourd'hui : ils sanctionnent et promulguent les lois votées par le Consell General, accréditent les représentants diplomatiques, et exercent une fonction d'arbitrage et de garantie du fonctionnement des institutions. Ce qu'ils ne font pas : proposer une loi, nommer un gouvernement de leur choix, décider d'un budget. Leur signature conjointe est requise sur certains actes, ce qui leur laisse une capacité d'influence, mais aucune initiative politique.

Les représentants permanents sur place

Ni le président français ni l'évêque d'Urgell ne siègent en Andorre. Chacun nomme un représentant personnel, qui assure la présence quotidienne de la fonction, suit les dossiers et fait le lien avec le Govern. Côté français, Frédéric Rose occupe le poste depuis juin 2026, après Georges-François Leclerc. Côté épiscopal, Eduard Ibáñez i Pulido l'occupe depuis novembre 2023. Ces deux postes changent régulièrement, et les titulaires en fonction sont publiés par le Govern d'Andorra et par le Bisbat d'Urgell.

La quèstia : les coprinces sont-ils payés ?

Non, la fonction n'est pas rémunérée. Ce qui subsiste est la quèstia, un tribut symbolique hérité du régime seigneurial, versé alternativement à l'un puis à l'autre des coprinces. Son montant est dérisoire et n'a rien d'une rémunération. Nous ne publions pas de chiffre: les montants qui circulent en ligne sont contradictoires d'une page à l'autre, recopiés sans référence, et nous n'avons trouvé aucune source officielle andorrane pour les établir. Mieux vaut une réponse incomplète qu'un chiffre inventé.

Le Cap de Govern : celui qui gouverne réellement

Le Cap de Govern, chef du gouvernement, est désigné par le Consell General et forme son gouvernement, le Govern, composé de ministres. C'est lui qui conduit la politique du pays, propose le budget et dirige l'administration. Xavier Espot Zamora occupe la fonction depuis 2019, reconduit le 15 mai 2023 après les élections générales. Le siège des institutions se trouve à Andorra la Vella, la capitale.

Le Consell General : 28 conseillers, deux voix par électeur

Le Consell General est le parlement andorran. Il compte vingt-huit conseillers élus pour quatre ans, vote les lois et le budget, et désigne le Cap de Govern. Son mode de scrutin est sa particularité, et il est rarement expliqué : chaque électeur dépose deux bulletins. L'un pour une liste nationale, l'autre pour une liste de sa paroisse.

Les vingt-huit sièges se répartissent donc en deux moitiés. Quatorze sont attribués à la proportionnelle sur les listes nationales. Quatorze reviennent aux paroisses, à raison de deux par paroisse, quelle que soit sa population.

Cette seconde moitié donne un poids considérable aux petites paroisses, et l'écart se chiffre. Andorra la Vella et Escaldes-Engordany rassemblaient à elles deux 41 234 habitants au 31 juillet 2026, soit près de la moitié du pays, pour quatre sièges paroissiaux sur quatorze. Une paroisse de montagne peu peuplée en obtient deux, comme la capitale. La géographie des sept paroisses est détaillée sur notre carte de l'Andorre.

Andorre a-t-elle un roi ?

Non. Ni roi, ni prince héréditaire, ni famille régnante. La question revient pour deux raisons. Le mot principauté évoque Monaco, où un prince souverain règne et transmet à son fils : rien de tel en Andorre, où les deux chefs d'État ne transmettent rien et n'héritent de rien. Et l'un des deux coprinces est un évêque, ce qui brouille encore la lecture en évoquant un régime religieux, là où l'Andorre est une démocratie parlementaire ordinaire dans son fonctionnement quotidien. La formule exacte est coprincipauté parlementaire.

La Constitution de 1993, ou l'Andorre avant et après

Avant 1993, l'Andorre fonctionnait sans constitution écrite, sur un régime hérité directement du partage de 1278 : pas de séparation formelle des pouvoirs, pas de partis politiques légalement reconnus, et un suffrage longtemps restreint. Le pays était un État de fait plus qu'un État de droit.

Le 14 mars 1993, un référendum approuve la Constitution, qui entre en vigueur le 28 avril 1993 lors de sa publication au Butlletí Oficial. Elle fait de l'Andorre un État de droit démocratique et social, ramène les coprinces à un rôle de chefs d'État sans pouvoir de gouverner, et garantit les droits fondamentaux. Le 28 juillet de la même année, l'Andorre entre à l'Organisation des Nations unies. En quatre mois, un régime médiéval devient un État reconnu par la communauté internationale.

Andorre et l'Union européenne, en bref

L'Andorre n'est membre ni de l'Union européenne ni de l'espace Schengen. Elle est en union douanière avec l'Union depuis 1990 pour les produits non agricoles, et utilise l'euro sans faire partie de la zone euro au sens institutionnel. Un accord d'association a été approuvé par le Parlement européen le 11 février 2026, mais il n'est pas entré en vigueur : sa ratification exige l'unanimité des États membres. Le statut du pays est développé sur notre page où se trouve l'Andorre.

Contacter l'administration andorrane

Pour une démarche, une adresse ou un horaire, adressez-vous directement au portail officiel du Govern d'Andorra, govern.ad. Nous ne recopions pas ses coordonnées ni ses horaires : une information administrative reproduite sur un site tiers devient fausse sans prévenir. C'est la source qu'il faut consulter, pas nous.

Questions fréquentes

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