La condition qui décide de tout
Avant de compter les années, il faut regarder ce qui se trouve au bout : la renonciation à la nationalité d'origine. L'Andorre ne reconnaît pas la double nationalité, et cette exigence s'applique à toutes les voies d'accès. Un Français qui devient andorran cesse d'être français.
C'est ce qui explique que la naturalisation reste marginale parmi les expatriés européens, y compris ceux installés de longue date. Pour presque tous, le titre de résidence est l'horizon réel, pas une étape vers le passeport. Un accord de 2001 offre une porte de sortie aux ressortissants de pays qui interdisent la renonciation, mais la France l'autorise, ce qui prive les Français de ce recours.
Les trois voies d'accès
La loi qualifiée de la nationalité du 5 octobre 1995 ouvre trois chemins, dont la durée varie du simple au quadruple selon le lien avec le pays.
| Voie | Base légale | Condition |
|---|---|---|
| Résidence longue | Article 11.1 | Vingt ans de résidence, dont les cinq dernières ininterrompues |
| Résidence et scolarité | Article 11.2 | Dix ans de résidence, à condition d'avoir été scolarisé en Andorre |
| Mariage | Article 10 | Cinq ans de résidence et un mariage avec un citoyen andorran inscrit au registre civil |
Les trois voies vers la nationalité andorrane, leur base légale et leur condition de durée.
Résidence longue
Base légale : Article 11.1
Condition : Vingt ans de résidence, dont les cinq dernières ininterrompues
Résidence et scolarité
Base légale : Article 11.2
Condition : Dix ans de résidence, à condition d'avoir été scolarisé en Andorre
Mariage
Base légale : Article 10
Condition : Cinq ans de résidence et un mariage avec un citoyen andorran inscrit au registre civil
La confusion la plus répandue porte sur les dix ans de l'article 11.2. Ils ne récompensent pas une naissance sur le territoire, mais une scolarité effectuée en Andorre. C'est une voie pensée pour les enfants d'immigrés qui ont grandi dans le pays, pas pour un adulte arrivé récemment. Dans tous les cas, les pièces d'état civil et le casier judiciaire doivent être légalisés et traduits en catalan par un traducteur assermenté.
Ce que la réforme de 2026 a changé
Le Consell General a approuvé en mai 2026 une modification de la loi qui porte sur le décompte de la résidence, et non sur sa durée. Auparavant, une interruption pouvait faire perdre le bénéfice des années accumulées. Désormais, toutes les périodes de résidence officielle s'additionnent, et la continuité n'est exigée que sur les cinq années précédant la demande. Une personne partie travailler à l'étranger puis revenue ne recommence plus à zéro. Les deux piliers, les vingt ans et la renonciation, sont maintenus.
Résident ou citoyen, la différence concrète
Le résident vit, et selon son titre travaille, en Andorre. Le citoyen vote. C'est la frontière principale, et elle est nette : les droits politiques sont réservés aux Andorrans, ce qui signifie qu'une part importante de la population du pays ne participe pas à ses élections.
Pour la plupart des projets d'installation, la question ne se pose donc pas en ces termes. Ce qui compte d'abord est le type de titre obtenu, entre résidence active et résidence passive, car c'est lui qui détermine le droit de travailler et les obligations de présence.
